Partenaires

CNRS INRA
SupAgro UM


Rechercher

Sur ce site

Sur le Web du CNRS


Accueil du site > Thèmes de recherche > Concurrence, réglementation et industries de réseaux > Concurrence, réglementation et industries de réseaux

Concurrence, réglementation et industries de réseaux

Cet axe rassemble des recherches sur l’analyse des stratégies des firmes et leurs effets sur le fonctionnement concurrentiel ou « socialement » souhaitable des marchés, le qualificatif « socialement » englobant aussi la protection de l’environnement, en plus de la satisfaction des consommateurs. En particulier, ces travaux de recherche visent à évaluer l’efficacité des politiques réglementaires en oeuvre, qu’elles soient volontaires (émanant du secteur privé) ou gouvernementales (émanant du secteur public). Ils cherchent à redéfinir, le cas échéant, certaines modalités d’interventions publiques afin de corriger les imperfections de marché et ainsi d’améliorer l’efficacité économique et/ou la qualité de l’environnement.

L’unité de cet axe de recherche est méthodologique, puisqu’il regroupe des travaux s’inscrivant dans le champ de l’organisation industrielle et emprunte les outils traditionnels de la théorie des jeux et de la théorie des contrats ; mais aussi thématique, dans la mesure où ces recherches s’intéressent, d’une part, aux interactions entre la réglementation (réglementation sectorielle et politique de concurrence) et les stratégies des entreprises et le fonctionnement des marchés, en particulier concernant les industries de réseaux (télécommunications, énergie et transport) et, d’autre part, aux effets croisés entre le fonctionnement des marchés de biens et services et les marchés environnementaux. Une attention complémentaire sera portée à la certification des ressources énergétiques et des produits respectueux de l’environnement, dits « bio » ou « soutenables », ainsi qu’aux divers moyens d’information du consommateur à ce sujet. Le projet de recherche de cet axe s’organisent dans deux directions qui donneront lieu à plusieurs opérations de recherche : (1) les interactions entre réglementation et stratégies des entreprises de réseaux et (2) les interactions entre marchés des produits et réglementation environnementale.

- Concernant la première direction de recherche, les travaux continueront à s’intéresser particulièrement aux marchés des télécommunications et de l’Internet et aux marchés de l’énergie. Les travaux sur les marchés des télécoms et de l’Internet seront en priorité centrés sur l’impact de la neutralité de l’Internet (ou de l’absence de neutralité) sur le fonctionnement concurrentiel des marchés de l’accès (fibre et mobile) et des marchés de contenus et d’applications. L’analyse portera en particulier sur les incitations des opérateurs de réseaux à investir dans la qualité de leurs infrastructures et les incitations à innover des fournisseurs de contenus. Les travaux sur les marchés de l’énergie seront centrés sur la question des interactions entre les marchés du gaz naturel et le développement des énergies renouvelables. Plus précisément, il s’agira de développer des travaux théoriques et empiriques qui analysent en particulier les aspects de substituabilité et de complémentarité entre le gaz naturel et les énergies renouvelables (essentiellement énergie éolienne) dans la production d’électricité. Alors que le gaz naturel et les énergies renouvelables sont des inputs substituables dans la production d’électricité, l’intégration de ces énergies intermittentes dans les systèmes électriques crée de l’instabilité (problème d’équilibrage) dans le système électrique. Ces intermittences nécessitent alors le recours aux énergies fossiles, et notamment au gaz naturel pour ses meilleures qualités environnementales comparé au charbon, pour assurer une meilleure efficacité de l’intégration des sources d’énergie renouvelable et la continuité de l’offre d’électricité. De ce point de vue, le gaz naturel et les énergies renouvelables sont clairement complémentaires. Ces caractéristiques qui relient énergies fossiles et énergies renouvelables impactent l’efficacité dela réglementation des marchés énergétiques. Les travaux qui seront alors développés permettront d’argumenter des recommandations de politiques réglementaires du secteur.

- Concernant l’interaction entre les marchés de produits et les marchés environnementaux, une attention particulière sera portée sur la certification des ressources énergétiques et des produits respectueux de l’environnement, dits « bio » ou « soutenables ». La plupart des produits conventionnels ont maintenant un substitut dont le cahier des charges prend en compte des critères de qualité environnementale. Il s’agit de produits obtenus avec des techniques moins agressives pour l’environnement, utilisant par exemple moins d’intrants chimiques ou d’énergies fossiles non renouvelables (pétrole, gaz ou charbon) au profit d’intrants naturels et/ou d’énergies renouvelables (soleil, eau ou vent). Il s’agit aussi de produits dont l’emballage et la consommation sont conçus de manière à mieux respecter l’environnement. Ces produits sont en général vendus sous des labels "vert", "bio" ou "durable" destinés à informer le consommateur et garantir un certain niveau de qualité environnementale. Cette “certification verte” n’empêche pas l’émergence du bluff chez les producteurs. La “certification verte” peut émaner des producteurs eux-mêmes ou bien passer par une tierce partie qui sera soit une agence gouvernementale, soit une organisation non-gouvernementale. Toutefois, l’information transmise par la certification verte n’est pas toujours fiable et la prolifération des écolabels ne prouve pas que toute l’information sur la qualité de l’environnement soit divulguée aux consommateurs. Par le mécanisme des prix, les marchés de produits verts transmettent aussi de l’information sur la qualité environnementale aux consommateurs. L’objectif ici est d’étudier comment interagissent le signal en prix du marché et la certification de la qualité environnementale pour divulguer de l’information aux consommateurs à travers principalement deux thèmes. Le premier concerne le signal du marché pour un produit de qualité environnementale non-vérifiable ; Il s’agira d’analyser comment un monopole signale un nouveau produit de qualité non-vérifiable en regard du cahier des charges imposé par la régulation. On considèrera ensuite la certification de qualité comme une alternative au signal en prix pour le monopole. Une extension permettra enfin d’étudier le signal en prix de la qualité à des consommateurs mal informés dans une relation verticale entre un producteur et un distributeur qui partagent la même information sur la qualité. Le second thème de recherche concerne la crédibilité des labels de qualité environnementale vis- à-vis du signal en prix. Dans ces travaux il s’agira d’analyser le lien entre le rôle du signal en prix dans un marché concurrentiel et les incitations du certificateur à révéler toute l’information sur la qualité environnementale des produits. Alors que la certification devrait compléter l’information transmise par le marché, le certificateur peut être tenté de brouiller le signal envoyé par le marché pour dissimuler l’information. Cependant, pour être crédible, la certification devrait empêcher ce genre de manipulation.

[Modifier l'Article]